Personnalité plutôt effacée de la twittosphère  camerounaise, c’est pourtant le genre d’esprit libre qui ose brandir un sourire au cœur de la tempête. Nom de code : Wadjo. L’histoire d’un rassemblement en temps de crise, de préjugés qui se changent en solidarité et d’un vibrant  appel à la citoyenneté, avec style !

Entretien avec Desy Danga.

On connaissait déjà @Desy_Danga le personnage Twitter, pourrais-tu nous en dire plus sur Desy Danga l’entrepreneur ?

En réalité c’est la même personne, juste avec deux ou trois cordes à son arc. Mon implication dans l’entrepreneuriat est surtout sociale, vu qu’elle s’intéresse aux domaines socioculturels,  touristiques et aussi la mode, avec la marque Wadjo. J’essaie modestement de me frayer un passage dans ce monde qui ne sait pas faire de cadeaux et je refuse de me considérer comme entrepreneur au sens large du terme pour l’instant ! Actuellement, je suis sur plusieurs projets qui se mettent en place. Le moment venu, je vous en parlerai plus ouvertement.

credit photo : desy danga

(crédit Photo : Desy Danga)

Ta marque « WADJO » voit le jour en juin 2015, dans un contexte où le conflit contre Boko Haram bat son plein au Cameroun. Lorsqu’on connait les préjugés sur les populations du Nord que la situation a ravivé, le choix du nom était-il un parti pris ?

Je dois dire ici mon affliction face à toutes les horreurs dont sont victimes les populations de l’Extrême-Nord actuellement. Mais ce n’est pas comme si nous (Bapid, le co-fondateur de la marque et moi-même) avons créé la marque uniquement par rapport à la situation insécuritaire qui sévit dans cette partie du pays, ou pour se faire de l’argent. NON. La marque voit le jour en Juin 2015, et ce n’est que le premier palier d’une escalade.

 

 « WADJO » nous est venu en réalité sans trop réfléchir. L’objectif était de trouver un nom accrocheur ayant un lien, si petit soit-il, avec notre espace géographique. Dieu merci, il semble vraiment être compris de notre clientèle ! Beaucoup de monde s’invite volontiers sous le grand Baobab en vue de partager avec nous ces valeurs sacrées d’unité, d’amitié, de tolérance et bien plus. C’est vrai qu’à tort, l’appellation WADJO est souvent prise sous un angle péjoratif mais dans le sens de notre griffe, elle signifie « tous amis et frères », histoire de rappeler à tous la nécessité d’acceptation de l’autre dans sa différence, son identité, appelant ainsi cet idéal de diversité qui perpétue les relations humaines. Le mantra de Wadjo  est la diversité(…). Je vous surprendrais peut-être en disant que jusqu’à ce moment, nos plus gros clients sont de la partie Sud du pays; preuve par mille que les Camerounais dans un élan d’unité ont intégré le concept : NOTRE FIERTÉ, C’EST NOTRE DIVERSITÉ.

On a récemment vu WADJO prendre part au Douala Hip- Hop Festival, événement culturel annuel qui bénéficie d’une audience assez large. Qu’en est-il de son implication à des manifestations peut être moins connues du public comme le Woilà Hip-Hop ?

Nous avons hautement représenté Wadjo au DHF et étions agréablement surpris par l’accueil qui nous a été réservé par le public et même les organisateurs. Nous avons été l’un des meilleurs vendeurs lors du Festival et le souvenir nous habitera pour longtemps.

 

S’agissant du Woila Hip-Hop Festival de mon ami EBAH ESSONGUE et toute la bande de 2H Records, nous étions partants mais l’évenement a malheureusement été reporté, nous sommes toujours dans l’attente de la nouvelle programmation. Nous avons par contre eu l’opportunité de sponsoriser le concert N’Gaoundéré University Music le 12 mars dernier. Notre engagement dans la culture urbaine et dans d’autres rassemblements culturels est total. Nous voulons partager par notre présence le goût de la culture et apporter notre modeste contribution à tous ces mouvements qui rehaussent la visibilité de nos richesses artistiques avec les forces créatrices qui les guident.

 

Comment se porte WADJO en ce moment ?

Disons que Wadjo se porte bien. Sur le podium des réseaux sociaux, il jouit d’une visibilité remarquable et l’intérêt que lui accorde sa clientèle et ceux qui l’encouragent est au-delà des espérances, je dois l’avouer ! Nous ne croyions pas réaliser autant en si peu de temps. La marque est acceptée par le grand public, nous espérons que cette symbiose durera encore longtemps puisqu’il ne s’agit que du début de l’aventure. Le seul souci actuellement et qui n’est pas le moindre c’est la disponibilité du produit partout. Vu que nous habitons à l’Extrême-Nord du pays, il ne nous est pas aisé de servir facilement les clients qui se trouvent à Yaoundé, Douala, Dschang ou meme à l’extérieur du pays. Nous voyons dans quelle mesure collaborer avec les services de e-commerce et si possible, avoir des points de vente un peu partout pour maintenir le lien du partage. Donc voilà, Wadjo se porte comme un charme. Jusqu’ici tout va bien et de belles choses sont en cours de préparation, inch’Allah !

Tu sembles porter une attention particulière à la nature. On peut admirer des photos de paysage et couchers de soleil sur ton compte Instagram (@desydanga). Combien d’autres talents nous caches-tu ?

Si je cache d’autres talents ? Je serais curieux de les découvrir moi-même !  Je me vois plus comme un grand rêveur qui fait les choses à la MAAHLOX, du genre « ça sort comme ça sort ».  Tout ce que je fais je le fais profondément avec le cœur et quand ça plaît aux gens ma joie s’accroît, forcément. J’essaie d’ouvrir une fenêtre à mon environnement à travers mes loisirs comme la photographie que je fais en amateur et passionnément. A mes heures perdues, je prends mon smartphone ou mon appareil photo et je filme des instants magiques de couchers de soleil, des scènes de vie ou même des sites touristiques pour la plupart du Grand Nord, histoire de me rappeler que malgré Boko Haram et autres calamités, il reste  de belles choses à partager avec le reste du monde. C’est à ça que je m’essaie au quotidien. Je suis en même temps blogueur et il semblerait aussi que je sois un bon cuisinier. Je pourrais vous faire, à la demande, un mets exquis de foléré ou même de gombo frais !

 

On dit oui au gombo frais, à l’espoir et à l’idéalisme de WADJO ! Tous les férus de lecture peuvent retrouver quelques textes de Desy sur son blog . Ou le contacter ici  pour passer des commandes de la marque au Baobab !

 

 

A story by Titine.

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